D’après un communiqué de presse du Parlement européen le 7 février 2022.

La Commission européenne propose aujourd’hui de soutenir 473 anciens travailleurs de la société de distributeurs automatiques Selecta, ayant perdu leur emploi en France en raison de la pandémie de COVID-19, à hauteur de 4 millions d’euros provenant du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation en faveur des travailleurs licenciés (FEM). Ce financement aidera les personnes concernées à trouver un nouvel emploi grâce à des services de conseils et d’orientation adaptés, à développer de nouvelles compétences ou à créer leur propre entreprise.

Le commissaire à l’emploi et aux droits sociaux, Nicolas Schmit, a déclaré à ce sujet: «De nombreuses personnes dans toute l’Europe ont été durement touchées par la crise économique provoquée par la pandémie de COVID-19. Aujourd’hui, l’UE fait preuve de solidarité avec 473 anciens salariés de Selecta en France en apportant un soutien financier de 4 millions d’euros au titre du Fonds européen d’ajustement, affecté à des formations sur mesure, à une aide personnalisée à la recherche d’emploi ou encore à la création d’entreprise.

La France a sollicité l’intervention du FEM pour aider les travailleurs licenciés de Selecta à la suite d’une chute des ventes de produits par distributeurs automatiques en raison de la pandémie de COVID-19, des restrictions de déplacement liées à ce contexte et du recours au télétravail.

Les travailleurs licenciés bénéficiant de ce soutien pourront notamment acquérir de nouvelles compétences grâce à la formation professionnelle, recevoir une aide à la recherche d’emploi et obtenir un financement pour démarrer leur propre entreprise. Ils bénéficieront également d’un soutien psychologique, de services de conseils et d’orientation. Les mesures d’aide comprennent également des allocations de recherche d’emploi. Les personnes qui commencent un nouvel emploi peuvent recevoir une prime et une contribution aux frais de déplacement vers le nouveau lieu de travail. Les anciens travailleurs qui créent leur propre entreprise peuvent recevoir une formation à la création d’entreprise et jusqu’à 6 000 euros pour couvrir les frais d’installation.

Le coût total de ces mesures de soutien est estimé à 4,8 millions d’euros, dont 85 % (4 millions) seront pris en charge par le FEM. Selecta financera les 15 % restants. L’aide aux travailleurs admissibles a débuté en avril 2021, peu de temps avant les premiers licenciements.

La proposition de la Commission doit maintenant être approuvée par le Parlement européen et le Conseil.

Contexte

Les conséquences économiques et financières de la pandémie de COVID-19, les restrictions de circulation et le télétravail ont eu de fortes répercussions sur les ventes de produits par distributeurs automatiques.

La diminution du nombre de travailleurs dans les bureaux et de visiteurs dans d’autres lieux où se trouvent les distributeurs automatiques de Selecta, tels que les gares ferroviaires, a entraîné une chute spectaculaire du chiffre d’affaires par distributeur. Confrontée à des difficultés économiques, l’entreprise a dû restructurer ses activités et licencié 473 travailleurs.

La région Île-de-France (32 %) et la ville de Lille (13 %) ont été les plus touchées par les suppressions d’emplois au sein de Selecta. Compte tenu d’une situation difficile en matière d’emploi dans cette région et cette ville, et étant donné qu’un tiers des travailleurs licenciés ont un faible niveau d’éducation, les autorités françaises s’attendent à ce que les travailleurs touchés par la restructuration de Selecta aient besoin d’un soutien personnalisé pour trouver un nouvel emploi.

Comme prévu dans le nouveau règlement relatif au FEM pour la période 2021-2027, le Fonds continue de soutenir les travailleurs licenciés et les travailleurs indépendants qui ont perdu leur activité. Grâce aux nouvelles règles, l’aide du FEM devient plus aisément accessible aux personnes frappées par les restructurations: toutes les catégories de restructurations de grande ampleur imprévues, dont les répercussions économiques de la crise de la COVID-19 ou les grandes tendances économiques (décarbonation, automatisation, etc.), peuvent justifier un soutien. Les États membres ont le droit de demander un financement de l’Union lorsque 200 travailleurs au moins perdent leur emploi au cours d’une période de référence donnée.

En novembre 2021, par exemple, la Commission a proposé que 297 travailleurs d’Airbus licenciés en France, ayant perdu leur emploi en raison de la pandémie, bénéficient d’une aide de 3,7 millions d’euros au titre du FEM.

Globalement, depuis 2007, le FEM a été mobilisé dans 170 cas à hauteur de 660 millions d’euros environ, qui ont permis de venir en aide à près de 166 000 personnes dans 20 États membres. Les mesures soutenues par le FEM viennent en complément des mesures actives du marché du travail mises en œuvre à l’échelon national.

08/02/2022