Le jeudi 23 septembre 2021, la Commission européenne a proposé une législation visant à mettre en place une solution de charge universelle pour tous les appareils électroniques portables. En souhaitant l’établissement d’un seul et unique port de chargement, la Commission fait un pas important vers la réduction des déchets électroniques et répond aux attentes de commodité des consommateur·rice·s européen·ne·s.

La nouvelle réglementation vise à faire du port USB-C le port standard pour tous les téléphones intelligents, tablettes, appareils photo, casques audio, enceintes et consoles de jeux portatives. En somme, les consommateur·rice·s n’auront désormais besoin que d’un unique chargeur pour l’ensemble de leurs appareils électroniques portables !

> Une législation pour la commodité des consommateur·rice·s

Le chargeur universel mettrait fin à l’agacement des consommateur·rice·s européen·ne·s face à
« l’accumulation de chargeurs incompatibles dans leurs tiroirs » selon Margrethe Vestager, vice- présidente exécutive pour une Europe adaptée à l’ère du numérique.
En effet, 38% des consommateur·rice·s déclarent avoir rencontré au moins une fois le problème de ne pas pouvoir recharger leur appareil mobile pour cause de chargeurs incompatibles. La Commission souligne également que les consommateur·rice·s européen·ne·s dépensent près de 2,4 milliards d’euros chaque année pour des chargeurs indépendants non vendus avec leurs appareils électroniques. Le chargeur universel se voit donc être une réponse tout à fait cohérente avec le manque de praticité rencontré par les consommateur·rice·s.

> Une législation pour la réduction de notre empreinte environnementale

La Commission présente par ailleurs le chargeur universel comme une solution face aux 11 000 tonnes de déchets électroniques que représentent les chargeurs inutilisables ou non utilisés chaque année. Avec ce texte, les déchets pourraient être réduits d’environ 1000 tonnes ! Une avancée concrète en matière d’empreinte environnementale et qui rentrerait dans l’objectif du Pacte Vert qui est de faire de l’Europe le premier continent neutre en carbone d’ici 2050.

La nouvelle législation prévoit également de dissocier la vente d’un chargeur de la vente de l’appareil électronique afin d’éviter l’achat de chargeurs indésirables qui seront inutilisés et d’inciter les consommateur·rice·s à moins jeter. Agir dès la phase de fabrication est donc une nécessité compte tenu des 16,2 kg de déchets électroniques produits par habitant·e chaque année en Europe, selon un rapport de l’ONU.
Concernant les responsabilités en matière de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), la réglementation européenne de 2003 révisée en 2013 exige des fabricants, distributeurs et vendeurs d’EEE l’organisation ou le financement de la collecte, du traitement, du recyclage et de la valorisation de leurs produits. En imposant également aux distributeurs d’offrir un service gratuit de reprise des DEEE, cette réglementation contribue à mieux gérer les déchets d’équipements électriques et électroniques et à limiter l’utilisation des substances dangereuses.

> Une législation qui rencontre un obstacle : Apple

Si ce projet de législation avait déjà obtenu le soutien d’une grande majorité d’eurodéputés en 2020, l’entreprise américaine Apple continue de s’y opposer, souhaitant conserver sa technologie de connectique Lightning. Apple estime qu’une régulation stricte n’imposant qu’un seul port de chargement serait un frein à l’innovation et nuirait aux consommateur·rice·s européen·ne·s utilisant des appareils Apple.
La Commission européenne a répondu en se défendant de n’attaquer aucun constructeur en particulier et de privilégier un accord global entre leaders du secteur tout en soulignant que la capacité d’innovation des entreprises sera préservée, notamment en ce qui concerne les techniques de charges sans fil.
Ce projet de chargeur universel serait un grand pas en matière d’écologie et sur un sujet aussi important qu’est l’environnement, l’objectif de l’Union européenne est bien sûr d’harmoniser les politiques des Etats membres mais également de les tirer vers le haut. Avant d’entrée en vigueur, cette nouvelle législation sera débattue et votée par le Parlement et le Conseil de l’Union européenne en 2022.

Article rédigé par le Centre Europe Direct de la Maison de l’Europe de Paris et publié par Voix d’Europe le 12 décembre 2021.