Nous vivons un moment européen fort car les défis de sécurités et défense, sanitaires et économiques, ou ceux du dérèglement climatique nous montre, par leur présence, la nécessité d’une réponse européenne aux défis actuels. La Présidence française du Conseil de l’Union européenne (PFUE), qui a démarré le 1 janvier et qui durera jusqu’au 30 juin montre par son programme, l’importance d’aller plus loin sur le sujet de la souveraineté européenne, en réponse aux enjeux globaux mais aussi de développer une Europe humaine, prête à envisager pour ses citoyens, un nouveau modèle de croissance.

> Crise en Ukraine : comment l’UE contribue-t-elle à la paix mondiale ?

Dans le contexte de crise à la frontière est de l’Union européenne (UE) avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les européens se sont retrouvés devant une situation sans précédent sans avoir de solutions clé en main de point de vue de leur défense. En annonçant des sanctions contre la Russie, l’Union européenne a défendu par le soft power ses valeurs et ses intérêts mais elle a aussi compris que face aux menaces et aux défis armés auxquels elle est confrontée ou elle pourrait l’être dans le futur, elle n’est pas prête complètement. Les quatre paquets de sanctions adoptés en réaction à l’agression militaire ukrainienne contribuent à affaiblir la Russie mais d’autres décisions doivent être prises à Bruxelles, ce jour, le mercredi 6 avril, par les dirigeants européens. Parmi les mesures déjà prises figurent : des sanctions individuelles, des sanctions économiques, des restrictions imposées aux médias, des mesures diplomatiques, des restrictions applicables aux relations économiques avec les zones non contrôlées par le gouvernement des oblasts de Donetsk et de Louhansk, etc. Pour en savoir plus sur ces sanctions et la chronologie des évènements, cliquez ICI. La crise ne force pas seulement les pays européens à définir leur rôle dans le conflit, mais démontre également que l’Union doit choisir sa position dans l’échiquier géopolitique du continent. La Russie, une menace et/ou un partenaire pour l’Union ? Telle est la question … Elle devra décider si la Russie reste un partenaire potentiel ou redeviens une menace systémique.

> L’axe principal de la PFUE : “Une Europe plus souveraine”

La France soutient dans son programme trois axes principaux : « Une Europe plus souveraine », « Un nouveau modèle européen de croissance » et « Une Europe humaine ». Le premier axe souligne l’importance du renforcement de l’espace Schengen, la protection de ses frontières, la maîtrise des migrations et une politique d’asile améliorée, dans le respect de ses valeurs et de ses engagements internationaux. Il est bien évidemment également question d’œuvrer pour une Europe plus forte et capable d’agir en matière de sécurité et de défense. Il est souligné qu’il y a une action pour la prospérité et la stabilité de son voisinage, en particulier par son engagement dans les Balkans occidentaux (Conseil européen de 23 au 25 mars et la déclaration de Versailles de 10 au 11 mars) et la refondation de sa relation avec l’Afrique (Sommet Union européenne ‑ Union africaine, 17-18 février 2022), etc…

Pour contribuer à la réponse aux enjeux globaux, la PFUE constitue une fenêtre d’opportunité pour faire avancer l’autonomie stratégie européenne en matière de défense. Le contexte actuel de guerre en Ukraine accélère les décisions dans ce sens. Durant le discours de la Sorbonne en 2017, le terme d’autonomie stratégique européenne avait déjà suscité de vifs débats entre les pays européens qualifiée d’« européiste », c’est-à-dire ceux qui préféraient une intégration européenne en matière de sécurité et de défense au sein de l’Union, et les pays dits « atlantistes » ayant une préférence pour l’intégration de la défense européenne au sein de l’OTAN. Or le débat s’est apaisé actuellement car la guerre aux frontières a montré la nécessité de l’adoption de la vision française de l’autonomie stratégique européenne. Même les pays très réticents sur l’usage du terme d’autonomie, tels que l’Allemagne ou la Pologne, soulignent aujourd’hui la nécessité que l’Union augmente sa capacité d’agir dans ce domaine.

> Quels dispositifs de l’UE en matière de sécurité et de défense ?

La boussole stratégique européenne permettra à l’UE de mettre le cap pour sa sécurité et sa défense en s’aidant par les dispositifs déjà existants tel que Le Fonds européen de la défense qui est la principale initiative de la Commission visant à soutenir, au moyen du budget de l’UE, la recherche et le développement collaboratifs en matière de capacités de défense. Le cadre financier pluriannuel de l’Union (2021-2027) soutiendra financièrement des consortiums d’entreprises de différents États membres qui entreprennent des activités de coopération dans le domaine de la recherche et du développement de produits et technologies de défense. Le Fonds comprend également des mécanismes visant à stimuler l’ouverture des chaînes d’approvisionnement.

Dans l’optique de continuer à contribuer à la Paix et à la sécurité au niveau mondial, l’UE cherche à renforcer ses moyens et ses outils. Cela passe aujourd’hui par des discussions sur un fond de défense plus puissant, un renforcement de la protection de ses frontières, et une action accrue du haut-représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité qui préside le Conseil des Affaires étrangères, Monsieur Josep Borrell Fontelles (2019-2024). Ces évolutions seront menées avec l’étroite collaboration entre le Service européen pour l’action extérieure SEAE et la Commission.

Pour en savoir plus sur nos activités dans le domaine de la défense et de la sécurité européenne suivez notre Cycle “Europe dans le monde” organisé en coopération avec Kantar Public dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne. Le mardi 26 avril aura lieu la deuxième conférence de ce cycle « L’Union européenne en tant qu’acteur diplomatique : utopie ou réalité ? ».

Pour plus d’information ici La Fabrique Défense qui s’est déroulé du 28 au 30 janvier 2022 à la Grande Halle de la Villette.

Article rédigé par le Centre Europe Direct de la Maison de l’Europe de Paris et publié en partenariat avec Voix d’Europe le 06/04/2022.