D’après un communiqué de presse de la Commission européenne le 11 mars 2022.

Dans le cadre de la Présidence française de l’Union Européenne, les Chefs d’Etats et de Gouvernements des 27 se sont réunis à Versailles en présence du Président du Conseil et de la Présidente de la Commission européenne pou évoquer notamment la situation en Ukraine.

Seul le texte prononcé fait foi

Merci Charles,

Merci Emmanuel,

Merci de nous recevoir ici, dans un lieu tellement chargé d’histoire. Car c’est bien l’avenir de l’Ukraine et l’histoire à venir de l’Union européenne et de nos démocraties qui s’écrit en ce moment. Car de fait, nos destins sont liés. L’Ukraine fait partie de la famille européenne. L’agression de Poutine contre l’Ukraine est une agression contre tous les principes qui nous sont chers. C’est une attaque contre les démocraties, contre la souveraineté des États, contre la liberté d’un peuple de choisir son destin et de façonner son avenir. La façon dont nous répondons aujourd’hui à l’odieuse attaque de la Russie contre l’Ukraine va déterminer tant l’avenir de l’Ukraine que celui de notre Union et même au-delà du continent européen. Alors restons fidèles aux principes qui ont guidé, jusqu’ici, notre réponse commune. C’est la responsabilité, c’est l’unité, c’est la solidarité et c’est la détermination.

Cette crise nous a en effet placés devant nos responsabilités face à une nouvelle réalité. Tout d’abord, notre devoir de continuer à garantir aux consommateurs européens un approvisionnement énergétique fiable, sûr et abordable. À moyen terme, cela implique de nous libérer de notre dépendance à l’égard du gaz russe, en diversifiant l’approvisionnement, en investissant massivement dans les énergies renouvelables. Les énergies renouvelables sont locales, elles créent des emplois, ici en Europe. Il s’agit d’un investissement stratégique dans notre sécurité et dans notre indépendance. C’est la raison pour laquelle la Commission européenne a présenté REPowerEU cette semaine. REPowerEU est un plan visant à diversifier les fournisseurs et à passer aux énergies renouvelables. D’ici la mi-mai, nous présenterons une proposition destinée à éliminer progressivement notre dépendance à l’égard du gaz, du pétrole et du charbon russes à l’horizon 2027, en nous appuyant sur les ressources nationales et européennes nécessaires. Mais nous nous sommes également penchés sur les flambées des prix de l’énergie. D’ici la mi-mai, la Commission présentera des options visant à optimiser l’organisation du marché de l’électricité, afin qu’elle soutienne mieux la transition écologique. Les consommateurs et les entreprises ont cependant besoin d’être aidés dès maintenant. C’est pourquoi, cette semaine, la Commission a présenté des orientations sur la réglementation des prix dans ces circonstances exceptionnelles et la possibilité d’un nouvel encadrement temporaire des aides d’État afin de soutenir les entreprises en difficulté. Cette option est complétée par la possibilité donnée aux États membres de taxer les bénéfices exceptionnels des groupes énergétiques. Enfin, d’ici la fin de ce mois, la Commission présentera des options destinées à limiter l’effet de contagion de la hausse des prix du gaz aux prix de l’électricité. Pour terminer, nous devons être prêts pour l’hiver prochain. Nous allons donc mettre en place une task force qui concevra un plan de réapprovisionnement pour l’hiver prochain et coordonnera l’opération. Au-delà de cette première étape, l’Union européenne doit définir une politique de stockage du gaz à plus long terme. Par conséquent, la Commission présentera une proposition visant à remplir les installations de stockage souterrain de gaz à au moins 90 % de leur capacité au plus tard le 1er octobre de chaque année. Comme vous le voyez, il s’agit d’un ensemble de mesures très vaste. Ce sera notre police d’assurance contre les ruptures d’approvisionnement. De même, les dirigeants ont également discuté des prix des denrées alimentaires et de la sécurité alimentaire mondiale. Là encore, la Commission présentera des options visant à résoudre ces questions importantes.

La guerre de Poutine a également modifié en profondeur l’environnement de sécurité de l’Europe. Pour défendre l’Europe, nous aurons besoin de différentes forces et capacités. L’Europe devra augmenter largement ses investissements dans le domaine de la défense. Je me félicite que certains dirigeants aient annoncé des mesures ambitieuses pour relever les dépenses en matière de défense. D’autres les suivront dans cette voie. Mais nous devons éviter de fragmenter nos efforts. Nous avons donc besoin d’une approche coordonnée. Car c’est le seul moyen de maintenir un avantage technologique militaire dans notre base industrielle et d’assurer l’interopérabilité entre nos forces armées européennes. Ce sera l’axe central de nos travaux dans les semaines à venir. Je veux être très claire sur la nécessité d’une étroite coordination avec l’OTAN. L’OTAN est l’alliance militaire la plus puissante au monde. Je salue donc l’engagement des dirigeants, qui nous ont chargés de présenter une analyse des déficits d’investissement dans la défense afin que nous disposions à la mi-mai, lorsque la Commission présentera les résultats de cette réflexion, d’un plan clair sur les moyens de combler ces déficits en Europe.

Le deuxième principe que j’ai mentionné était l’unité. Cet esprit d’unité nous a certainement guidés lorsque nous avons rapidement imposé, ensemble, trois vagues successives de sanctions contre le Kremlin. Avec un impact immédiat et sévère. Nous allons maintenant présenter un quatrième train de sanctions. Ces sanctions isoleront encore davantage la Russie du système économique mondial, ce qui augmentera encore le coût de l’invasion de l’Ukraine par Poutine.

Enfin, un mot sur la solidarité, que de nombreux Européens démontrent à l’heure actuelle, en accueillant à bras ouverts plus de 2 millions de personnes qui ont fui la guerre en Ukraine. Je tiens à remercier tous les États membres de l’Union européenne, et en particulier ceux qui sont en première ligne, à savoir: la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Hongrie et, bien entendu, notre partenaire, la Moldavie. Parce que les Ukrainiens ont besoin de tout notre soutien et méritent ce soutien, tout comme les pays qui les accueillent. La Commission a mis en place une plateforme de solidarité pour coordonner le soutien opérationnel et financier ainsi la capacité d’accueil. Nous faisons aussi jouer pleinement la flexibilité du budget de l’Union pour que les États membres puissent financer des actions en faveur des réfugiés, en matière, par exemple, de logement, de scolarisation ou de soins médicaux, ainsi que dans d’autres domaines. Cette flexibilité budgétaire pourrait libérer plusieurs milliards d’euros au cours des prochaines années, précisément à ces fins.

Le peuple ukrainien fait preuve d’un immense courage. Un peuple qui se dresse si vaillamment pour défendre les valeurs européennes fait à l’évidence partie de la famille des nations européennes. Par conséquent, pendant que cette terrible guerre fait rage, nous devrions d’ores et déjà réfléchir attentivement aux prochaines étapes. La demande d’adhésion de l’Ukraine est l’expression de sa souveraineté nationale, de sa volonté et de son droit de choisir son propre destin. Aujourd’hui, nous avons ouvert à l’Ukraine la voie vers notre Union. Ils font partie de la famille européenne.

Merci.

15/03/2022