Le vendredi 1er janvier 2021 a débuté l’Année européenne du rail. L’initiative portée par la Commission européenne constitue un engagement politique fort en faveur du développement de ce mode de transport. Durable et sûr, le rail s’inscrit d’ailleurs pleinement dans la réalisation des objectifs du Pacte Vert pour l’Europe.

Les adeptes des voyages longue distance en train de nuit n’y croyaient plus, et pourtant… de Paris à Vienne, de Bruxelles à Berlin ou de Zurich à Rome, le Trans-Europe Express devrait faire son retour sur les rails à compter de décembre 2021 ! Présenté en 2020 par les compagnies ferroviaires ÖBB (Autriche), Deutsche Bahn (Allemagne), Chemins de fers fédéraux (Suisse) et SNCF (France), un tel projet ne devrait pas rester longtemps isolé…

A l’initiative de la Commission européenne, 2021 a en effet été désignée Année européenne du rail. Dans un contexte sanitaire inédit marqué par la multiplication des restrictions de voyage, l’Année européenne du rail s’insère pourtant parfaitement dans l’agenda européen, à une période charnière pour la relance verte et le futur de l’Europe.

> En pleine pandémie, une Année européenne … du rail

Les “Années européennes” ont pour objectif de susciter le débat, de sensibiliser les citoyens et de faire évoluer les mentalités sur différents sujets de société. Des PME en 1983 au patrimoine culturel en 2018, en passant par la sécurité routière en 1995, les thématiques mises en lumière par les “Années européennes” se retrouvent pendant un an au cœur de l’élaboration de nouvelles politiques européennes.

Et si les questions liées à la mobilité peuvent actuellement sembler accessoires pour nombre de citoyens, les travaux de la Commission transport sont plus que jamais sur le devant de la scène. Les obstacles ayant mis à mal la libre circulation des marchandises et des personnes pendant la pandémie, mais aussi les enjeux de verdissement des transports en Europe amènent tous à considérer le rail.

Durant la crise sanitaire, alors que les transports routiers et aériens étaient fortement perturbés, le fret ferroviaire s’est révélé être un moyen de transport absolument incontournable pour les biens essentiels. Lors du premier confinement, les “trains vitaux Pandémie” ont par exemple transporté à travers la France des fruits et légumes, de la poudre de lait pour les nourrissons, des céréales, mais aussi des médicaments et du PVC pour fabriquer des masques et des seringues.

> Plus durable et sûr, le rail comme mode de déplacement

Consciente du potentiel largement inexploité de ce mode de transport, la Commission von der Leyen a largement intégré le développement du rail dans la relance du Réseau transeuropéen des transports (RTE-T), initiative en faveur d’une interopérabilité complète des réseaux de transports européen. L’Union a également fait du ferroviaire l’un des piliers du Pacte Vert pour l’Europe et d’une reprise durable et résiliente.

Le secteur des transports étant responsable d’environ 25 % des émissions de gaz à effet de serre en Europe, le Pacte Vert vise à réduire celles-ci de 90% d’ici à 2050. Or, au sein de l’UE, le secteur ferroviaire représente moins de 0,5 % de ces émissions, ce qui en fait l’une des formes les plus durables de transport de voyageurs et de marchandises. A distance équivalente, un trajet en train émet environ 30 fois moins de gaz à effet de serre qu’un trajet en voiture et 70 fois moins qu’un trajet en avion. Le train est également l’un des moyens de transport les plus sûrs, devant le bus et bien avant la voiture.

Pourtant, à l’heure actuelle, le ferroviaire ne représente que 7% du déplacement des voyageurs et 11% du transport de marchandises.

> Le développement du transport ferroviaire, une ambition déjà en marche

Pour répondre à ces enjeux, la Commission a adopté sa stratégie en faveur d’une mobilité intelligente et durable en décembre 2020. Parmi les objectifs, le doublement du fret ferroviaire et le triplement de l’activité ferroviaire à grande vitesse d’ici à 2050.

L’année 2021 sera également le premier témoin de la mise en œuvre intégrale du 4e paquet ferroviaire. Composé de six textes législatifs, ce paquet viendra compléter le marché unique pour les services ferroviaires (Single European Railway Area) afin de revitaliser le secteur du rail et de le rendre plus compétitif vis-à-vis d’autres modes de transport, notamment de l’aérien.

Parmi les mesures clés, l’ouverture des marchés et la mise en concurrence des contrats de service publics, cela afin d’encourager les opérateurs à mieux répondre aux besoins des clients, à améliorer la qualité de leurs services mais aussi leur rentabilité. La mise en œuvre d’un cadre législatif plus adéquat afin de réduire considérablement les coûts et la charge administrative pour les entreprises ferroviaires souhaitant opérer dans toute l’Europe est également au programme. Il s’agira par exemple de garantir l’interopérabilité des équipements du système européen de gestion du trafic et d’harmoniser à l’échelle européenne les règles nationales en matière ferroviaire.

En 2021, le rail fait donc son entrée dans les débats, aussi bien dans les bureaux bruxellois qu’à la table des dîners familiaux. Tout au long de l’Année européenne du rail, les institutions, les structures de la société civile, les acteurs du ferroviaire seront mobilisés afin de faire découvrir les opportunités qu’offre le train. De l’initiative DiscoverEU dédiée aux jeunes de 18 ans au pass Interrail, la Maison de l’Europe de Paris sera à votre écoute et vous proposera des activités afin de vous faire découvrir le rail en Europe.

Le 11 février, l’association organise une conférence sur l’Année européenne du rail avec la participation d’Elisabeth WERNER, directrice des transports terrestres, DG MOVE, Commission européenne, de Karima DELLI, présidente de la Commission des transports et du tourisme, Groupe des Verts/Alliance libre européenne, Parlement européen, et d’un représentant d’un syndicat ferroviaire*. Inscrivez-vous ici :  https://bit.ly/2Y3m2GC

*A confirmer

Article rédigé par le Centre d’Information Europe Direct de la Maison de l’Europe de Paris et publié en partenariat avec Voix d’Europe le 10/02/2021. Retrouvez l’article en version pdf ici.