D’après un communiqué de presse de la Commission européenne du 6 avril 2021 : 

Déclaration de la Présidente von der Leyen à la suite de la rencontre avec le Président turc Erdoğan

Voici ce que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré hier à la suite de sa rencontre avec le président turc Erdogan :

« (…) [L]a Turquie manifeste son intérêt à renouer le dialogue avec l’Union européenne de manière constructive. Nous sommes venus en Turquie pour donner un nouvel élan à nos relations. À cet égard, nous avons eu une première rencontre intéressante avec le président Erdoğan. Nous avons effectivement discuté en profondeur de quatre domaines dans lesquels l’Union européenne et la Turquie bénéficieraient toutes deux d’une coopération renforcée.

Le premier de ces domaines concerne le renforcement de nos liens économiques. L’Union européenne est le premier partenaire de la Turquie tant pour les importations que pour les exportations. Les entreprises européennes sont pour elle une source d’investissements cruciale. Et, au sein de l’union douanière, la Turquie est un partenaire important dans de nombreuses chaînes de valeur qui sont pour nous cruciales.

Pour stimuler davantage le commerce, nous nous attaquerons aux difficultés actuelles que nous rencontrons indéniablement dans la mise en œuvre de notre union douanière. Et nous nous efforcerons de moderniser son cadre. Cette union douanière est un cadre unique que nous n’avons mis en place avec aucun autre pays. Aussi, nous cherchons, en outre, des moyens innovants non seulement de moderniser l’union douanière, mais également de stimuler la coopération entre les secteurs public et privé, en mettant l’accent sur les transitions écologique et numérique.

Le deuxième domaine de coopération renforcée concerne les dialogues à haut niveau. Le thème numéro un devrait être, dans le cadre d’un dialogue à haut niveau, la lutte contre le changement climatique. C’est notre préoccupation commune et nous sommes tous conscients aujourd’hui du danger auquel nous sommes confrontés en raison de l’amplitude du changement climatique et de ses conséquences dans nos pays. Il devrait donc s’agir de l’un des thèmes majeurs d’un dialogue à haut niveau. Le second thème concerne la santé publique. Nous avons discuté de la situation de la COVID-19. Nous avons discuté de l’avancement de la vaccination, des variants et, bien sûr, de sujets tels que le certificat vert numérique et d’autres aspects liés à la situation de la COVID-19.

Le troisième thème dont nous avons parlé concerne la volonté de la Commission européenne d’explorer des moyens de renforcer la coopération par les contacts interpersonnels et la mobilité. La participation de la Turquie aux programmes de l’Union européenne tels qu’Erasmus + ou Horizon Europe s’est révélée très utile par le passé. Il s’agit d’une coopération que nous souhaiterions étendre dans les années à venir. Je pense que cela nous sera mutuellement bénéfique.

Et le quatrième domaine de coopération concerne les réfugiés et la migration. La déclaration UE-Turquie de 2016 reste d’actualité et a donné des résultats positifs. Cela concerne principalement les réfugiés syriens et leurs communautés d’accueil en Turquie. Mais c’est également le cas pour la lutte contre la traite et le trafic d’êtres humains. Par conséquent, nous attendons de la Turquie qu’elle tienne ses engagements et qu’elle les mette en pratique. Cela inclut la prévention des départs irréguliers, ainsi que la reprise des opérations de retour depuis les îles grecques vers la Turquie. Il s’agit pour nous d’un engagement crucial et ce serait un important gage de bonne volonté que cette coopération en matière de migrations fonctionne bien.

De notre côté, nous continuerons à soutenir les réfugiés et les communautés d’accueil. Nous aidons ainsi la Turquie, qui accueille quatre millions de réfugiés, à relever ce défi. Les besoins humanitaires de base, l’éducation et les soins de santé resteront des priorités. Mais à l’avenir, les financements de l’UE devraient de plus en plus être axés sur l’amélioration des possibilités offertes aux réfugiés de gagner leur vie.

Je suis très attachée à la continuité du financement européen dans ce domaine. Notre soutien est un signe de la solidarité de l’Europe envers la Turquie et un investissement dans la stabilité partagée. Et cela vaut non seulement pour la Turquie, mais également pour d’autres pays d’accueil importants, comme le Liban ou la Jordanie. Je me rendrai à Amman plus tard dans l’après-midi pour discuter de ces sujets avec le Roi de Jordanie. La Commission présentera prochainement une proposition reflétant ces principes.

Dernier point, mais certainement pas des moindres: nous aspirons à un partenariat honnête. Cela signifie qu’un partenariat entre l’UE et la Turquie nous permet de renforcer ce qui nous rapproche, mais aussi d’être très franc et de nous attaquer à ce qui nous divise. Aujourd’hui, Charles Michel et moi-même avons clairement souligné que le respect des droits fondamentaux et l’État de droit sont essentiels pour l’Union européenne. Cela doit faire partie intégrante de notre relation. La Turquie doit respecter les règles et normes internationales en matière de droits de l’homme, qu’elle s’est d’ailleurs engagée à respecter, en tant que membre fondateur du Conseil de l’Europe.

Je suis profondément préoccupée par le fait que la Turquie s’est retirée de la convention d’Istanbul. Il s’agit de protéger les femmes et les enfants contre la violence. Et c’est clairement le mauvais signal à envoyer à l’heure actuelle. L’Union européenne n’hésitera jamais à signaler de nouvelles évolutions négatives. Cela vaut également pour les mesures unilatérales prises à l’encontre d’États membres de l’UE tels que la Grèce ou Chypre.

En résumé, nous voulons aller de l’avant, vers une nette amélioration de nos relations. Mais nous ne sommes qu’au début du chemin. Et les semaines et mois à venir nous diront jusqu’où nous pouvons aller, ensemble, sur cette voie.

Merci. »

07/04/2021