D’après un communiqué de presse de la Commission européenne le 25 août 2021.

Suite à la crise internationale provoquée par la chute du gouvernement régulier en Afghanistan et la prise de pouvoir par les Talibans, le Royaume Uni a convoqué mardi  août une réunion extraordinaire du G7  pour évoquer la situation et notamment l’évacuation des citoyens étrangers et des Afghans en danger, suite à la chute du régime. A la sortie de ce Sommet, Madame Van Der Leyen s’est exprimée au nom de la Commission européenne sur le sujet.

La Présidente a remercié le Service européen pour l’action extérieure pour leur travail acharné et dévoué au cours de ces derniers jours, ainsi que pour le soutien fort reçu des États membres, en particulier de la France, de l’Italie, de la Belgique et de l’Espagne, en ce qui concerne l’évacuation de la délégation de l’UE et du personnel afghan. Elle s’est déclarée très reconnaissante du fait que la plupart des membres du personnel de l’UE, y compris le personnel afghan, et y compris leurs familles, ont été évacués d’Afghanistan et sont en sécurité.

Concernant la réunion du G7, Madame Van der Leyen a remercié la Présidence du Royaume Uni d’avoir convoqué ce sommet. Les pays participants ont tous convenu qu’il est de notre devoir moral d’aider le peuple afghan et de lui apporter autant de soutien que les conditions le permettent. En effet, la situation est une tragédie pour le peuple afghan et un revers cuisant pour la communauté internationale. Une réunion du G7 était donc opportune, et la participation du Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, était une très bonne chose. Lors de cette réunion du G7, les chefs d’Etat et de gouvernement ont discuté des évacuations, de l’aide humanitaire immédiate, de l’aide au développement à plus long terme et des scénarios possibles pour les réfugiés ayant besoin d’une protection.

S’agissant de l’aide humanitaire, Madame Van der Leyen tient à souligner que les opérations essentielles de l’UE en ce qui concerne les installations médicales, la distribution de denrées alimentaires, l’approvisionnement d’urgence en eau et l’assainissement se poursuivent pour la plupart. Mais bien sûr, les événements auxquels nous assistons ces jours-ci génèrent des besoins supplémentaires considérables. Nous devons surtout aider les personnes qui sont en danger immédiat, c’est-à-dire les femmes, les filles et les enfants, qui constituent la grande majorité des personnes déplacées à l’intérieur du pays — le nombre total des personnes déplacées à l’intérieur de l’Afghanistan s’élève jusqu’ici à environ 3,7 millions, dont 80% sont des femmes et des filles. C’est la raison pour laquelle L’Union européenne est résolument décidée à accroître sa contribution à l’aide humanitaire.

La Présidente a annoncé que la Commission proposerait de presque quadrupler l’aide humanitaire provenant du budget de l’UE. Étaient initialement prévus plus de 50 millions d’euros pour l’année 2021. Cette somme sera portée à plus de 200 millions d’euros pour l’année 2021. Elle contribuera à répondre aux besoins urgents des Afghans, tant en Afghanistan que dans les pays d’accueil voisins.

Le deuxième sujet abordé est la discussion sur l’aide au développement. Madame Van der Leyen a insisté, comme beaucoup d’autres, sur le fait que la future aide au développement doit être fondée sur des conditions. Elle est toujours fondée sur des conditions, car liée aux valeurs fondamentales, aux droits humains et, bien entendu, aux droits des femmes. Et il va de soi que l’aide au développement de demain doit également être strictement conditionnée. L’Europe dispose , pour les sept prochaines années, de 1 milliard d’euros destinés à l’Afghanistan dans le cadre de l’aide au développement de l’UE. Cette aide est désormais gelée. Et elle le restera jusqu’à ce que nous disposions de garanties solides et d’actions crédibles sur le terrain prouvant que les conditions sont réunies.

Et pour conclure, la question des migrations. La Présidente rappelle que les personnes les plus exposées sont les femmes instruites, les filles, les femmes journalistes, les militantes des droits de l’homme, les enseignantes, les femmes juges, les avocates, pour n’en citer que quelques-unes. 50 pays ont participé à la mission de la FIAS de l’OTAN et 36 pays à la mission «Resolute Support». La protection de ces personnes les plus vulnérables relève donc clairement de la coopération mondiale et doit être traitée d’emblée en tant que telle. Ces personnes ne doivent pas tomber entre les mains des passeurs. Elles ont besoin de voies d’accès sûres.

Par conséquent, elle se réjouit qu’au cours du G7, le Canada et le Royaume-Uni aient annoncé des chiffres importants pour la réinstallation: respectivement 21 000 et 20 000. Les États-Unis ont également fait part de leur engagement en faveur de la réinstallation. Il est essentiel que cette question, qui doit être traitée au niveau mondial, fasse l’objet d’une bonne coordination. A  été mis en place le forum sur la réinstallation, ce forum rassemble non seulement la Commission et les États membres, mais aussi le HCR, l’OIM, les États-Unis et le Canada. Dans ce cadre, les pays membres pourront coordonner les efforts de réinstallation de la manière qu’impose maintenant cette situation dramatique.

Au-delà des pays cités, d’autres pays qui ont participé à la mission de l’OTAN devraient aussi contribuer à cet effort. L’Union européenne est également prête à jouer son rôle. Elle examine actuellement les moyens budgétaires nécessaires pour soutenir les États membres de l’UE qui intensifieront les efforts de réinstallation et apporteront leur aide en la matière. Outre ces mesures très ciblées destinées à des groupes bien définis, le principal effort devrait consister à veiller à ce que les Afghans déplacés à l’intérieur du pays bénéficient d’un soutien ou que la communauté internationale contribue à leur soutien dans les pays voisins. Par conséquent, le soutien également apporté à la région revêt la plus haute importance. L‘Union européenne continuera donc à travailler avec les pays les plus proches.

Madame Van der Leyen souligne une nouvelle fois que les événements auxquels nous assistons ces derniers jours mettent tous en lumière l’urgence pour les États membres et le Parlement européen de trouver un accord sur la proposition de pacte sur la migration et l’asile. Nous avons besoin d’un système pleinement opérationnel qui nous permette de gérer efficacement nos frontières, de garantir la solidarité entre les États membres et de coopérer avec les pays d’origine et de transit.

25/08/2021