Promis à une belle destinée grâce à un triplement de son budget, le programme européen de mobilité Erasmus + se retrouve sous tension depuis les débuts de la crise sanitaire et dans un contexte européen de planification budgétaire.

Les 15, 16 et 17 octobre derniers ont eu lieu les #ErasmusDays, en France et dans toute l’Europe. Devenues un moment de célébration européen en quelques années, ces trois journées ont été l’occasion de mettre à l’honneur et promouvoir l’un des plus emblématiques programmes de l’Union européenne.

> Erasmus+ : des étudiants de “L’Auberge espagnole” aux demandeurs d’emplois, en passant par les apprentis …

Depuis son lancement en 1987, le programme a en effet pour ambition de renforcer le sentiment d’appartenance européen en soutenant la mobilité de millions de citoyens de l’Union. Popularisé en France par le célèbre film “L’Auberge espagnole”, Erasmus est dès ses débuts plébiscité par les étudiants.

Depuis, les bénéficiaires n’ont cessé de se diversifier. En 2014, Erasmus est d’ailleurs devenu Erasmus Plus. De la maternelle à l’université en passant par les centres de formations professionnelles, le programme s’est progressivement démocratisé en s’ouvrant également aux entreprises ou encore aux demandeurs d’emplois, en partenariat avec Pôle emploi en France.

Souvent perçu comme un programme difficilement accessible à cause de ses lourdeurs administratives, Erasmus offre pourtant de nombreuses facilités une fois en mobilité. Les mois passés à l’étranger sont reconnus et validés par l’obtention d’un diplôme équivalant à celui que le bénéficiaire aurait reçu dans son pays d’origine. De même, nul besoin de se soucier de l’équivalence dans son pays d’origine des notes obtenues ou encore des traductions des documents administratifs : le programme a été pensé pour répondre à ces problématiques.

> Le programme Erasmus+ passe à l’hybride

En ces temps troubles pour l’Europe, en plein milieu d’une crise sanitaire, les #ErasmusDays étaient donc l’occasion de mettre en lumière l’utilité de l’Europe et du programme grâce notamment à des milliers de témoignages d’expériences internationales réussies. Pour la député européenne Salima Yenbou, il s’agit également de faire connaître le programme Erasmus comme étant un programme européen. “Même après leur mobilité, certains bénéficiaires ne savent pas que leur année à l’étranger a été financée par l’Union européenne. Ils pensent d’abord à leur pays d’origine”, expliquait-elle*.

Cette année, les festivités relatives aux #ErasmusDays ont eu lieu pour nombre d’entre elles au format numérique, mettant notamment en avant les techniques de e-learning, à l’image du tournant pris par le programme face aux restrictions sanitaires.

En effet, dès le 18 mai dernier, la Commission annonçait que les apprenants Erasmus + pourraient participer dès l’automne 2020 à des mobilités hybrides, mêlant des activités virtuelles, notamment des apprentissages à distance organisés par l’établissement d’accueil étranger, et une mobilité physique à une date ultérieure.

> 2021-2027 : le budget Erasmus + sur la sellette

Un triplement du budget Erasmus, c’est ce que la Présidente de la Commission nous avait promis avant son élection”, rappelait Salima Yenbou. Pourtant, la crise sanitaire et ses conséquences financières inattendues auront sûrement raison de cette promesse. En effet, si les négociations sur le Cadre Financier Pluriannuel n’ont pas encore abouti et que le budget Erasmus devrait être doté d’une somme bien supérieure aux 14,7 milliards de la programmation actuelle, ce montant sera probablement inférieur aux promesses antérieures. Et sans budget conséquent, pas d’inclusion…

En effet, si le programme s’est démocratisé en théorie, il reste en pratique difficilement accessible aux populations les plus fragiles. Si les informations ont souvent plus de mal à atteindre les citoyens avec le moins d’opportunités, les institutions européennes œuvrent cependant en faveur de la simplification des procédures pour devenir porteur de projet Erasmus ou bénéficiaire. Le Parlement européen travaille par exemple sur l’éventuelle création de consortiums pour les porteurs de projets. En France, les régions pourraient diriger ces groupements, les établissements porteurs de projets n’ayant ensuite plus qu’à s’y associer.

D’autres part, ce budget pourra aussi compter sur les financements complémentaires des pays hors Union mais participant au programme, tel que la Norvège, le Liechtenstein, l’Islande, la Macédoine du nord, la Turquie, ou encore la Serbie. Le programme Erasmus est effectivement ouvert aux pays tiers. En ce qui concerne le Royaume-Uni, aucun élément ne permet pour le moment de conclure sur la perpétuation de sa participation ou non au programme, les accords de partenariat 2021-2027 n’ayant pas encore été négociés. 

Partir en mobilité Erasmus vous intéresse, mais cela vous paraît compliqué : débarrassez-vous de vos idées reçus sur le programme ! De nombreuses structures peuvent vous fournir les informations nécessaires pour préparer votre départ. Entrez en contact avec le Centre d’information Europe Direct le plus proche de chez vous, une Maison de l’Europe en France, ou encore un développeur Erasmus !

*Les citations de la députée européenne Salima Yenbou ont été récoltées lors d’une conférence “Patrimoine et éducation : Apprendre pour la vie !” organisée par la Maison de l’Europe de Paris le 19 septembre 2020.

Article rédigé par le Centre d’information Europe Direct de la Maison de l’Europe de Paris et publié en partenariat avec Voix d’Europe le 21/10/2020