En cette période inédite, les associations européennes ont dû se réinventer afin de continuer leurs missions.

Télétravail, conférences en ligne, événements numériques … Pendant près de deux mois, les associations européennes ont dû s’adapter et faire face aux défis et enjeux inhérents à la numérisation de leurs activités. La distanciation sociale étant toujours de mise, ces nouvelles habitudes de travail ne sont pas près de disparaître. Comment faire connaître l’Europe dans ce contexte inédit ?

>Une éducation solidaire sur les réseaux sociaux

Les associations et institutions européennes se sont réunies pour essayer de faire front et de s’entraider face à ce changement.

La Maison de l’Europe de Paris (MEP) : a adapté sa façon de travailler avec une présence plus accrue sur les réseaux sociaux. Certaines de ses missions et campagnes ont dû être mises en veille, les méthodes de travail revisitées. Pour essayer d’amener l’Europe chez les citoyens, la MEP a repris le #MardiConseil pour citer les médias qui parlent de l’Europe ou des cultures européennes (film, radio/podcast, émission télé, cours en ligne, culture et pour les plus jeunes). La MEP a créé le #JeudiCulture pour mettre en lumière un sujet culturel européen.

Entraide des associations européennes : Des associations telles que la FFME, Fédérations des Maisons de l’Europe, le Mouvement européen et les Jeunes européens se sont réunis pour proposer des cours individuels aux jeunes qui ne peuvent plus assister aux formations sur l’Europe habituellement proposées en présentiel. La MEP a par exemple proposé une discussion sur la mobilité européenne avec des jeunes de la Mission Locale de Paris à la place d’une formation en présentiel prévue dans le cadre de son Centre d’information Europe Direct (CIED).

L’initiative des CIEDs – #CanapEurope : les CIEDs ont pour mission de répondre aux questions des citoyen.ne.s, de mener des ateliers pédagogiques, des conférences ont dû se reconvertir ou du moins trouver un autre moyen pour diffuser les connaissances européennes. A l’initiative du CIED de Clermont, tous les CIED français se sont entraidés et ont travaillé ensemble pour fournir une ligne directrice commune et du contenu numérique diversifié sous le même hashtag #CanapEurope. Cette campagne est suivie par la Représentation de la Commission

européenne. D’ailleurs, les institutions européennes, la Commission européenne et le Parlement européen, offrent du contenu numérique sur les actions de l’Union européenne pendant le Covid-19 notamment pour contrer les fausses informations qui circulent.

>Une journée de l’Europe numérique

La Journée de l’Europe de Paris qui devait avoir lieu sur le parvis et dans l’Hôtel de ville a été transformée en une journée numérique sous le signe de la solidarité #SolidaritéEuropéenne. Cette année, il s’agissait de célébrer l’anniversaire des 70 ans de la Déclaration de Robert Schuman, l’évènement devait donc être à la hauteur. Associations et institutions se sont donc réunies pour fournir un contenu diversifié. Le matin, les associations ont offert des animations pédagogiques. L’après-midi a consisté à proposer des webinaires sur différentes thématiques, par exemple : le dialogue citoyen sur France 24 avec Amélie de Monchalin (Ministre des Affaires européennes), Thierry Breton (Commissaire européen du Marché Intérieur) et Yannick Jadot (Député européen Vert), etc. En fin d’après-midi le Centre européen de la Musique avec Jorge Chaminé ont diffusé plusieurs interprétations de l’Ode à la joie. Laurent Gaudé a transmis par vidéo une lecture à voix haute d’un extrait de son ouvrage Nous l’Europe. Banquet des peuples. La Commission et le Parlement européen avec Europavox ont diffusé de 12h à 00h un concert en ligne. Ce programme, conçu en commun avec le monde associatif et institutionnel, a été diffusé sur la page Facebook “Fête de l’Europe” prévu à cet effet. De plus, le dessinateur Plantu a soutenu cet événement en ligne en contribuant à son identité visuelle.

Cette Journée des européens solidaires se poursuit avec le Joli Mois de l’Europe en numérique. Vous pouvez retrouver les différentes actions qui auront lieu à cette occasion sur le site du Joli Mois de l’Europe mais aussi avec le #JMEurope.

> Le numérique : une solution clivante

Le numérique représente pour l’instant, le seul moyen de communiquer aux citoyen.ne.s. En revanche, la fracture numérique bien réelle ne permet pas d’atteindre les publics les plus défavorisés, ce qui est d’autant plus tangible avec la crise du Covid-19. Le numérique permet de toucher un certain public, de diffuser certaines informations mais les associations ont l’habitude de recevoir le public dans leurs locaux. Or, une partie de ce public n’a peut-être pas les moyens financiers d’avoir accès à cette technologie ou les connaissances pour. Il faut penser à eux.

En plus de la fracture numérique, d’autres enjeux, notamment sécuritaire, gravitent autour de la numérisation exponentielle du travail qu’a connu l’Europe et le monde ces derniers mois. Souvent mal ou trop peu maîtrisées, les nouvelles technologies du numérique nous permettent

certes de rester connecter en cette période inédite, mais ne doivent pas nous faire oublier les risques sécuritaires auxquelles elles nous exposent.

La période qui s’annonce sera le temps de relever les nouveaux défis. Il faudra repenser l’accueil du public en reprenant les apprentissages que le télétravail a apporté.

Article rédigé par le Centre d’Information Europe Direct de la Maison de l’Europe de Paris et publié en partenariat avec Voix d’Europe le 20/05/2020

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