L’élection de Donald Trump résonne comme un coup de tonnerre et c’est un saut dans l’inconnu. Pour l’heure, son programme, sa personne, ses valeurs, tout heurte les Européens que nous sommes, de droite comme de gauche. Il n’y a que les populistes qui peuvent se réjouir. Ils le font évidemment.

Mais ces élections américaines nous concernent non seulement par le poids des Etats-Unis mais aussi parce que ce qui s’est produit là-bas peut se produire chez nous bientôt. Ces valeurs européennes que nous aimons tant depuis leur affirmation ou leur réaffirmation officielle après la seconde guerre mondiale, par le Conseil de l’Europe puis par l’Union européenne, sont en péril. Ces valeurs humanistes et démocratiques irriguent ou devraient irriguer tout ce que nous faisons : notre culture, nos relations sociales, nos activités économiques, nos politiques étrangères… En tout cas, nous le souhaitons.

C’est pourquoi le populisme qui semble triompher aujourd’hui outre-Atlantique est si dangereux pour nous aussi.

L’Europe continentale, plus que jamais, doit se réveiller. Notre classe politique a déçu. Des orientations politiques ont été malheureuses (pensons, par exemple, aux règles de la concurrence transformées en dogmes par des services de la Commission européenne apparemment insensibles aux conséquences sociales et industrielles de l’ultralibéralisme…).

Bref, le Brexit d’un côté, les élections américaines de l’autre, ont au moins un mérite : nous obliger à « ranimer l’Europe » comme le disait récemment le slogan choisi pour célébrer le 20ème anniversaire de l’Institut Jacques-Delors.

Catherine LALUMIERE