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UE : "L'avenir de l'Europe est bien plus important que le Brexit", estime Michel Barnier

La Maison de l'Europe | UE : \

Michel Barnier s’exprimait le 16 novembre 2017 au Centre national des arts et des métiers (CNAM) dans le cadre d’une conférence organisée par la chaire de l’Union européenne (UE). Alors que la Commission européenne vient d’annoncer qu’un accord a été trouvé à l’issue des premières phases de négociations avec le Royaume-Uni, retour sur « les grands enjeux européens » et le Brexit.

 

 

Le message est clair : « L’avenir de l’Europe est bien plus important que le Brexit ». Cette citation d’Angela Merkel a été répétée à plusieurs reprises par Michel Barnier. Très pédagogue, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit  a présenté les nouveaux enjeux européens. D’emblée, il a illustré son propos d’une projection montrant que d’ici 2050, plus aucun pays européen ne sera présent dans le G8. Partant d’un constat très simple, « dans le futur personne ne nous attend », Michel Barnier a voulu afficher l’intérêt que l’UE avait de rester unie.

 

 

Le négociateur argue « Je ne me suis pas engagé pour subir, pour être derrière la table où s’organise l’ordre ou le désordre du monde ». Le plus important reste la « nécessité d’être ensemble ». Une Europe unie est une Europe à la table des négociations qui a son mot à dire dans les prises de décisions. « Si l’on n’est pas ensemble, on est spectateur et on devient inexorablement sous-traitant et sous influence ». Pour y parvenir « il faut être européen en plus d’être patriote ».

 

 

Sur le Brexit, Michel Barnier a fait part du travail faramineux que représentent ces négociations. Quarante-quatre années d’intégration, plus d’une centaine de textes législatifs et au moins 750 Traités internationaux sont remis en cause. Le négociateur avertit «  de fait en quittant l’UE, le Royaume-Uni quitte automatiquement au moins 750 Traités internationaux comme EURATOM ou EUROPOL » et devient alors un pays-tiers. Ainsi, le pays devra se doter d’une administration qu’il ne possédait pas. Michel Barnier affirme « les conséquences du Brexit ont été sous-estimées » et « il faut les assumer ».

 

 

La fin de la première phase des négociations a permis d’apporter des réponses aux trois gros chantiers du Brexit : les citoyens européens, les frontières et les bénéficiaires du budget européen.

 

 

Pour les 4,5 millions de citoyens européens concernés par le Brexit (dont 1,5 million de britanniques travaillant dans un des 27 autres  pays de l’UE), l’objectif premier était de « sécuriser les droits de toutes ces personnes qui ont été acquis jusqu’au 29 mars 2019 ». Dans l’accord trouvé, entre Jean-Claude Juncker (président de la Commission européenne) et Theresa May le 8 décembre dernier et qui doit être encore approuvé vendredi 15 décembre par le Conseil européen, les citoyens européens pourront continuer leur vie comme avant et conserveront leurs droits après le Brexit.

 

 

Toutefois, les défis juridiques sont de taille. Il faut réussir à en garantir l’application c’est-à-dire que « la Cour de Justice de l’UE doit pouvoir être saisie et faire appel à sa jurisprudence pour garantir une interprétation cohérente ». Là encore, il a été décidé que le recours devant la Cour de Luxembourg sera limité à 8 ans après la date du divorce.

 

 

Par rapport aux frontières, les questions relatives à l’Irlande du Nord et l’Irlande restent un sujet « plus sensible ». La plupart des coopérations (sécurité, environnement, culture, éducation) sont soutenues par le budget européen (ex : le programme PEACE). « La sortie du droit européen remet en cause ces coopérations ». Il faudra créer « une liberté de circulation » entre ces deux pays en organisant le marché unique avec des contrôles. Soulagement relatif, l’accord ne prévoit aucun retour à une frontière physique entre les deux Irlande et reste ambigu sur la question.

 

 

Concernant la question épineuse du budget, Michel Barnier affirme « il ne faut pas payer à 27 ce qui a été décidés à 28 ». « Pour le moment, nous voulons que [les britanniques] tiennent leurs engagements ». La note arrêtée s’élève à 50 milliards d’euros ce qui prend en compte les contributions budgétaires et les retraites des fonctionnaires européens britanniques.

 

 

La deuxième phase des négociations devraient porter sur les futures relations UE/Royaume-Uni. Le gouvernement penche en faveur d’un accord de libre-échange comme le CETA (Canada). Certes, mais pour Michel Barnier «  la négociation sera différente ». Alors que les accords de libre-échange suivent un processus de convergence, pour le Royaume-Uni « le contraire va se produire », on passe d’une intégration totale vers la divergence. Alors que Londres menace régulièrement l’UE de dumping et de concurrence,  le négociateur se veut rassurant « nous n’accepterons pas de concurrence déloyale ! » et insiste « Nous n’allons pas accepter, sous prétexte que les Britanniques s’en vont, que notre modèle soit mis en danger ».

 

 

Ainsi pour lui, « il faut tirer les leçons du Brexit ». Mais en conclusion de son intervention, il rappelle que le projet européen est unique au monde et cite Barack Obama : l’UE « reste un des accomplissements politiques et économiques les plus grands des temps modernes ».

 

 

 

Article rédigé par le Centre d'information Europe Direct de la Maison de l'Europe de Paris et publié par France-Soir le 20/12/2017

 

 

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